Bulletin hebdomadaire sur les obligations

9 mai 2019

Recalibrage des banques centrales

Les banques centrales du monde entier ont recalibré leur approche durant la première semaine de mai, indiquant que l'inflation n'était pas le seul moteur de leurs décisions. Qu'est-ce que cela suggère quant à la direction future de la politique monétaire ?

Fondamentaux

Lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (FOMC), son président Jerome Powell a déclaré que les taux actuels étaient adéquats car la faiblesse de l’inflation n’est que temporaire, ce qui suggère que la banque centrale est peu disposée à réduire ses taux uniquement en raison du bas niveau de l’inflation. Bien que les dépenses de consommation privées (PCE) hors alimentation et énergie soient minimes aux Etats-Unis, la moyenne de plusieurs indicateurs de l’inflation de base est proche de la cible de 2% établie par la Réserve fédérale américaine (Fed). En outre, l’économie américaine continue d’avancer tant bien que mal, comme l’indiquent les chiffres de l’emploi (hors secteur agricole) d’avril. La banque centrale d’Australie (RBA) et la banque d’Angleterre (BoE) ont elles aussi décidé de ne pas donner trop d’importance au bas niveau de l’inflation. La RBA a maintenu ses taux aux mêmes niveaux le 7 mai alors que les prévisions tablaient sur une baisse, citant la solidité du marché du travail. La BoE s’est quant à elle montrée relativement restrictive lors de sa dernière réunion, malgré la baisse de l’inflation au Royaume-Uni. Même la banque centrale de la Nouvelle-Zélande – première banque centrale des pays développés à réduire son taux d’intérêt de référence lors du cycle actuel, le 8 mai – a décidé d’agir en raison du bas niveau de l’inflation et de l’affaiblissement de la croissance économique. Compte tenu de ce recalibrage des banques centrales, nous pensons que les politiques monétaires vont globalement rester les mêmes dans un avenir proche, sauf si la croissance où les marchés du travail commencent à montrer des signes de détérioration.

Fed : faiblesse de l'inflation par rapport à la solidité de la croissance et du marché du travail

Source: Bureau of Labor Statistics, Bureau of Economic Analysis, Fed de Dallas, Fed de Cleveland et Fed dAtlanta. Données au 30 avril 2019.

Valorisations quantitatives

Les rendements des bons du Trésor américain à dix ans se sont redressés de 12 points de base par rapport au récent pic de 2,6% atteint le 17 avril, en partie en raison de la réapparition de certaines inquiétudes quant aux relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Aujourd’hui, le marché table sur une baisse de taux entière d’ici à la fin 2019. Bien que la prochaine mesure prise par la Fed soit susceptible d’être une baisse, nous pensons qu’elle ne sera pas mise en œuvre tout de suite compte tenu des récentes déclarations des dirigeants et de l’absence de tout catalyseur hormis l’inflation. (Données au 8 mai.)

Facteurs techniques

Les enquêtes sur le positionnement suggèrent que, aux Etats-Unis, les investisseurs sont passés d’une duration courte à une duration beaucoup plus longue au quatrième trimestre 2018. De plus, la majeure partie de cette réorientation vers une duration plus longue s’est faite sur la partie courte de la courbe, tandis que le positionnement sur la partie à 30 ans reste court – il s’agit d’une « bull steepening », ou pentification par la baisse des taux courts. Les données relatives aux flux de capitaux vont dans le même sens : les stratégies de duration de qualité, comme les fonds américains diversifiés, ont enregistré des entrées de 3,6 milliards USD pendant la semaine close le 6 mai, pour un total de 56 milliards USD depuis le début de l’année (au 6 mai). Il sera judicieux de surveiller ce positionnement général afin de voir s’il empêche les baisses de taux de se matérialiser.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

L’inflation reste le facteur le plus important pour la future politique monétaire des banques centrales du monde. Toutefois, il est maintenant clair que le bas niveau de l’inflation ne peut pas à lui seul déclencher un cycle de baisse des taux. Dans ce contexte, un environnement de faible inflation, de croissance soutenue et de marché du travail solide devrait pousser les dirigeants à maintenir leurs taux aux mêmes niveaux pour l’instant, ce qui sera favorable au portage. Toute hausse significative des spreads pourrait représenter une opportunité d’achat intéressante.

À propos du bulletin sur les obligations

Chaque semaine, le groupe Global Fixed Income, Currency and Commodities de J.P. Morgan Asset Management examine les sujets clés qui concernent les investisseurs obligataires à travers le prisme de son cadre de recherche commun FQT (Fundamental, Quantitative Valuation and Technical).

Cliquez ici pour en savoir plus sur nos capacités FQT


RÉSERVÉ AUX PROFESSIONNELS/INVESTISSEURS QUALIFIÉS – NE PAS DISTRIBUER AU PUBLIC

Cette communication commerciale et les opinions qu'elle contient ne constituent en aucun cas un conseil ou une recommandation en vue d'acheter ou de céder un quelconque investissement ou intérêt y afférent. Toute décision fondée sur la base des informations contenues dans ce document sera prise à l'entière discrétion du lecteur. Les analyses présentées dans ce document sont le fruit des recherches menées par J.P. Morgan Asset Management, qui a pu les utiliser à ses propres fins. Les résultats de ces recherches sont mis à disposition en tant qu'informations complémentaires et ne reflètent pas nécessairement les opinions de J.P.Morgan Asset Management. Sauf mention contraire, toutes les données chiffrées, prévisions, opinions, informations sur les tendances des marchés financiers ou techniques et stratégies d’investissement mentionnées dans le présent document sont celles de J.P. Morgan Asset Management à la date de publication du présent document. Elles sont réputées fiables à la date de rédaction. Elles peuvent être modifiées sans que vous n’en soyez avisé. Il est à noter par ailleurs que la valeur d’un investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer en fonction des conditions de marché et que les investisseurs ne sont pas assurés de recouvrer l’intégralité du montant investi. La performance et les rendements passés ne préjugent pas forcément des résultats présents ou futurs. Aucune certitude n'existe quant à la réalisation des prévisions. J.P. Morgan Asset Management est le nom commercial de la division de gestion d’actifs de JPMorgan Chase & Co et son réseau mondial d’affiliés. Dans les limites autorisées par la loi, vos conversations sont susceptibles d’être enregistrées et vos communications électroniques contrôlées dans le but de vérifier leur conformité à nos obligations juridiques et règlementaires et à nos polices internes. Les données personnelles seront collectées, stockées et traitées par J.P. Morgan Asset Management dans le respect de la Politique de confidentialité disponible sur le site www.jpmorgan.com/emea-privacy-policy. Cette communication est publiée en Europe (hors Royaume-Uni) par JPMorgan Asset Management SARL (Europe), 6 route de Trèves, L-2633 Senningerberg, Grand-Duché de Luxembourg, R.C.S. Luxembourg B27900, capital social EUR 10.000.000. Publié en France par JPMorgan Asset Management (Europe) S.à.r.l. – Succursale de Paris – 14 place Vendôme, 75001 Paris. Capital social : 10 000 000 euros – Inscrite au RCS de Paris : n° 492 956 693.

0903c02a825caa60

9 mai 2019
Auteur

GFICC Investors

Construire des portefeuilles obligataires plus robustes

Voir les produits