Bulletin hebdomadaire sur les obligations

11 avril 2019

Un temps de retard

L'amélioration de la conjoncture macroéconomique continue de soutenir la dette émergente en devise dure, qui devance celle en devise locale cette année. Les devises émergentes pourraient-elles toutefois être en capacité de s'apprécier désormais ?

Fondamentaux

La croissance mondiale continue d’afficher des signes timides de reprise, avec, ces dernières semaines, une amélioration de l’indice composite mondial des directeurs d’achats J.P. Morgan en mars, des données objectives en Europe et des anticipations concernant le PIB américain au premier trimestre. Alors que ce rebond des marchés développés, notamment des marchés européens, doit encore être confirmé par les données à venir, notre opinion à l’égard des marchés émergents est de plus en plus positive. Nos indicateurs internes de surprise économique dénotent une amélioration considérable des données et des anticipations relatives aux marchés émergents depuis le mois de mars. En outre, notre indicateur économique avancé affiche un net redressement après une période de déprime prolongée. Les perspectives de l’économie mondiale récemment publiées par le Fonds monétaire international confirment largement notre sentiment selon lequel l’écart de croissance entre marchés émergents et marchés développés est appelé à se creuser cette année, et plus encore en 2020, créant ainsi un environnement favorable pour la dette émergente. Les conditions d’un redressement des devises des pays émergents sont également réunies, surtout que le ton prudent de la Réserve fédérale devrait brider la vigueur du dollar et que la croissance américaine semble peu susceptible d’être aussi ferme que l’an dernier.

Valorisations quantitatives

La dette émergente en devise dure enregistre une solide progression depuis le début de l’année. Les emprunts d’Etat et les créances d’entreprise des pays émergents ont dégagé des rendements de 7,30% et 5,57%, respectivement. Malgré le resserrement de 75 points de base (pb) des spreads des emprunts d’Etat et de 50 pb de ceux des obligations d’entreprise depuis le début de l’année, ces deux classes d’actifs continuent d’offrir un portage attrayant compte tenu de l’amélioration actuelle de la conjoncture. La véritable énigme pour les investisseurs concerne la performance des monnaies émergentes. Après avoir nettement sous-performé début 2018, les monnaies des pays émergents ont rebondi de 3,66% depuis leurs creux de septembre dernier. Cependant, leur performance se détériore depuis quelques mois et leur progression par rapport au billet vert se limite à 1,42% depuis le début de l’année. Ainsi, l’indice des devises émergentes continue d’afficher un repli de 7,81% depuis le début de 2018. D’un point de vue historique, les devises des marchés émergents s’apprécient lorsque la Fed met fin au cycle de relèvement de ses taux. Or, leur hausse actuelle est de moindre ampleur que par le passé. (Toutes les données s’entendent au 9 avril.)

Les devises émergentes ont sous-performé les autres classes d'actifs émergents lors du récent rebond

Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 9 avril 2019.

Facteurs techniques

Si les flux de capitaux se sont montrés très favorables au premier trimestre, la tendance début avril se révèle plus mitigée. Selon notre outil interne de suivi des flux de capitaux, les afflux vers les fonds de dette émergente ont atteint près de 23 milliards USD au premier trimestre, alors que nous constatons des sorties nettes d’environ 1,1 milliard USD depuis le début du mois (au 9 avril), lesquelles pourraient découler de prises de bénéfices. Les investisseurs pourraient être enclins à estimer que la perspective de nouveaux afflux est limitée, mais notons que même après ceux enregistrés depuis le début de l’année, les afflux restent inférieurs aux niveaux qu’ils affichaient en avril 2018. De plus, la première émission multi-tranches récemment réalisée par Saudi Aramco, dont le carnet de commandes a dépassé les 100 milliards USD, témoigne du montant considérable de capitaux en attente d’être investis dans des créances d'entreprise de qualité. Etant donné que l’offre d’emprunts d’Etat des marchés émergents reste limitée et que seule celle d’obligations d'entreprise semble raisonnablement fournie, une partie de ces capitaux pourrait être investie sur le marché secondaire. Sur le front des devises émergentes, plusieurs enquêtes montrent que les investisseurs ont réduit leurs positions longues, ouvrant potentiellement la voie à un rebond à court terme en cas de bonnes nouvelles.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

La conjoncture macroéconomique devenant propice aux actifs risqués cette année, les investisseurs exposés à la dette émergente et à d’autres catégories d’obligations à haut rendement ont bénéficié d’un rebond conséquent au premier trimestre. Alors que le contexte demeure favorable et que la demande de crédit reste forte, nous comptons exploiter les opportunités de portage intéressantes qu’offrent les emprunts d’Etat et les créances d’entreprise des pays émergents en monnaie forte. Vu notre opinion plus positive sur la duration, nous n’hésitons pas à investir dans des obligations de meilleure qualité aux échéances plus éloignées. Dans le même temps, les investisseurs en quête de rendements plus élevés pourraient gagner à s'exposer à un ensemble sélectif d’obligations émergentes en devise locale compte tenu de l’amélioration des facteurs techniques et du caractère favorable des fondamentaux.

À propos du bulletin sur les obligations

Chaque semaine, le groupe Global Fixed Income, Currency and Commodities de J.P. Morgan Asset Management examine les sujets clés qui concernent les investisseurs obligataires à travers le prisme de son cadre de recherche commun FQT (Fundamental, Quantitative Valuation and Technical).

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11 avril 2019
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GFICC Investors

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